jeudi 17 novembre 2005

« Ottawa joue à Sim City: “ Installons ce système de transport là et voyons ce que ça va donner ” », a affirmé Bob Hillier, un résident de Kanata, hier soir lors de la séance portes ouvertes sur le projet de corridor est-ouest du train léger sur rail (TLR).

Un projet de corridor est-ouest pour le TLR a été élaboré suite à l'Étude sur l'expansion du transport en commun rapide (ÉETCR) de 2003. Ce corridor, d'une distance de 47 km, reliera Kanata à Orléans et permettra d'améliorer les services de transport en commun offerts entre ces régions.

Cette deuxième séance portes ouvertes (la première ayant eu lieu à l'automne 2004) portait sur les solutions de rechange pour l'expansion du transport en commun rapide. Les citoyens étaient invités à venir partager leurs commentaires et à prendre connaissance des solutions de rechange pour le projet. On propose quatre solutions: ne rien faire, ajouter ou élargir certaines artères principales, élargir les services de transport en commun rapide ou bien faire un mélange des deux. Ces solutions ont été étudiées en se basant sur huit critères et c'est l'implantation d'un nouveau corridor est-ouest dans le système de train léger sur rail qui est demeurée la solution privilégiée.

Le projet, même s'il semble favoriser la croissance de certains quartiers et des services de transport, est loin de faire l'unanimité auprès des citoyens. Selon M. Hillier, l'emplacement choisi pour l'expansion du système de train léger sur rail ne répond pas aux besoins des travailleurs puisqu'il est situé dans un secteur plutôt résidentiel. « Je me demande vers quelles communautés de travail les gens pourront se rendre. Qui s'en servira? Quelle est l'utilité [d'implanter ce réseau de TLR loin des milieux de travail] ?», a-t-il ajouté, « Il n'y aura pas assez de trajets d'autobus pour accommoder tout ces gens et le réseau ne pourra pas être élargi puisqu'il n'y a pas assez d'espace. »

D'autres résidents, tels Lyn H. Winters, sont d'avis contraire, affirmant qu'il s'agit « d'un bon projet, que ça doit se passer, que ça réduira la circulation en améliorant les capacités du transport en commun. » M. Winters ajoute qu'il trouve ça « regrettable qu'ils aient débuté par un projet nord-sud [le O-Train qui est en place depuis 2001] au lieu d'un projet est-ouest étant donné que cette région est la plus occupée. »

Bien que les citoyens aient pu prendre position face au projet, l'information présentée était difficile à comprendre. Il n'y avait pas d'explications visuelles pour les nombreux tableaux qui étaient incompréhensibles pour les gens n'ayant aucune connaissance liées à ce genre d'étude. « Je regarde ces tableaux et ça ne me dit absolument rien », commente M. Hillier. De plus, les versions francophones des dépliants et tableaux étaient truffés de fautes et le sens du texte était différent de la version anglophone, ce qui portait à confusion.

Afin de s'assurer que le public soit informé sur le projet et qu'il ait la chance de transmettre ses commentaires, deux autres séances portes ouvertes sont prévues en 2006: une au printemps et l'autre à l'automne. On y présentera les concepts possibles ainsi que l'évaluation des incidences.

Les études se poursuivront au cours de la prochaine année et l'on se penchera surtout sur l'évaluation de divers trajets dans le corridor du TLR et des technologies de transport en commun possibles. Le rapport de l'Évaluation Environnementale sera soumis au Ministère de l'Environnement de l'Ontario à l'hiver 2006 et sera suivi d'une période d'examen et d'approbation d'une durée d'environ 30 semaines. Si le tout se déroule tel que prévu, l'approbation du Ministère devrait se faire en juillet 2007. Le projet d'expansion du transport en commun rapide, qui reliera tout les coins de la ville, devrait être terminé en 2021.

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