Depuis l'arrivée d'Internet on entend souvent dire qu'il s'agit d'un bon endroit pour enrichir ses connaissances et découvrir de nouvelles choses. Pour les jeunes il s'agit là d'une très belle possibilité de s'éduquer, d'y avoir recours pour compléter des travaux scolaires. Or, lorsqu'on rend visite à un forum de discussion, c'est là qu'on se demande si Internet contribue vraiment à l'éducation ou bien s'il ne s'agirait pas plutôt d'un endroit de « déséducation », un endroit où l'on oublie ce qui est enseigné à l'école.
Par un samedi matin de pluie, je naviguais sur un forum de discussion destiné aux jeunes francophones, qui est peuplé majoritairement de jeunes québécois. Je clique sur un sujet, je commence à lire, mais je ne comprends pas. Je fronce les sourcils, je me rapproche de l'écran et je recommence ma lecture.
« jai 13 ans en sec. 2 pi je passe encore lhallowen pi en plus après jvo a des partys ec mes amies pi on se fait ben du fun c ben hot demême pi ya po dage pour passer lHallowen ya le père a mon amie qui passe lhallowen pi yé full vieu pi en plus c lfun a des partys pcq tu rencontre plein de monde pi tu peut faire plein de choses ec plein de gars pi c ben lfin pi en plus lo ben t po oubligé de fumé du pot pi te souler pour avoir du fun juste ben des gars!! »
Peut-être que je me suis trompée en tapant l'adresse du site donc je vérifie. Non, il n'y a pas d'erreur. Est-ce qu'il s'agit d'un message posté dans une langue étrangère? Non plus... Je réussis à déchiffrer quelques mots. Ah! En lisant les commentaires qui suivent, je finis par comprendre qu'il s'agit d'un message rédigé par un individu qui voulait rédiger son message le plus rapidement possible en ne s'efforçant pas de le rendre lisible.
En poursuivant ma visite sur ce forum et sur deux autres forums, j'ai pu constater que plusieurs messages contiennent le moins de ponctuation possible (souvent, il n'y a qu'une lettre majuscule au début), le plus d'abréviations possible, le plus d'erreurs grammaticales et orthographiques possible, des mots employés dans la langue parlée et qui ne se trouvent pas dans le dictionnaire, bref, tout ce qui rend pénible la lecture de ces messages. Il y a même certains messages rédigés en entier avec une alternance de lettres majuscules et minuscules (ex: CoMmE cEcI). Ces messages sont aussi truffés d'expressions anglicisées, telles « c'est chill » et
« full hot », pour ne nommer que celles-là. C'est tout simplement la langue qui évolue, qui s'enrichit.
Certains utilisateurs se plaignent, demandent poliment et gentiment à leurs camarades d'écrire de façon plus lisible, mais finissent par se faire répondre « qu'ils ne sont pas dans un cours de français, qu'ils ne veulent pas devenir prof de français, et que d'écrire de cette manière est plus rapide. » Comment ai-je pu oublier qu'écrire « po » ou « lo » était plus rapide qu'écrire « pas » ou « là », que de prendre le temps d'appuyer sur la touche « majuscule » entre chaque lettre prenait moins de temps que d'écrire mes phrases en lettres minuscules? Peut-être puisque lorsque j'ai tenté l'expérience, ça m'a pris le double du temps pour rédiger un message. Et c'est vrai aussi qu'il n'est pas pratique d'écrire de façon lisible hors des cours de français, ça ne sert à rien. Il est complètement inutile de savoir qu'on doit accorder certains mots ou bien que chaque mot possède une orthographe spécifique qui facilite la lecture. On nous apprend toutes ces règles pour le simple plaisir et strictement pour qu'elles soient utilisées dans les travaux du cours de français. Le reste du temps, on s'en fout. Il est bien plus agréable de lire un texte bourré d'erreurs!
Et j'ai trouvé mieux! En consultant les archives d'une section destinée à la publication de textes rédigés (poèmes, histoires, etc...) par les jeunes, je croyais que la situation s'améliorerait. J'espérais tomber sur des perles rares. Erreur. J'ai plutôt trouvé des perles « d'erreurs », comme celle-ci:
« [...] T'sé J'fais Rien Qu'y Penser
Que Toi Pis Moi Sa Pourrais Marcher
J'espère Ne Pas M'tromper
Paske U Know J'veux Pas M'blesser
So J'sé Que J'pas Une Déesse
Mais Tu Sais Qu'L'amour Ça Blesse
J'peux Pas T'artenir En Laisse
J'veux Juste Savoir Pour Pas Que J'stress [...] »
En lisant ce genre de chose, il faut que je « m'artienne » pour ne pas me frapper la tête contre l'écran de mon ordinateur...
Ces jeunes sont ceux qui seront « chargés » de continuer à transmettre notre langue à la prochaine génération. Comme les jeunes passent quelques heures par jour sur Internet, ceux-ci risquent d'appliquer ces « transformations » de la langue à leurs travaux scolaires. Elle risque alors d'être complètement transformée. Les adolescents d'aujourd'hui sont nos futurs écrivains, journalistes et enseignants. À quoi ressembleront nos romans? À quoi ressembleront nos journaux? À quoi ressembleront les enseignants des matières autres que le français? Qu'adviendra-t-il des dictionnaires? Seront-ils adaptés à cette nouvelle « langue » ? Les rayons de bibliothèque risquent de se retrouver avec des «BoNeUr D'oKaZiOn » ou des « cmt fer l'amour aik un neg' sans'fatiker » tandis qu'on verra dans les journaux des grands titres tels « atak teroris aux É-U» ou encore « LeS PrOvInZ VeUl + dE cAsH ». À quand le nouveau traducteur « la langue des jeunes sur Internet – français » pour les incultes comme moi?
Il faut agir avant qu'il ne soit trop tard. Si on ne passe pas à l'action, peut-être que cette situation entraînera des conséquences irréparables. Suite à cela, j'ai décidé d'entreprendre des démarches pour venir en aide à ces jeunes. Je m'empresse d'aller rédiger des lettres pour envoyer aux ministères de l'éducation des différentes provinces en leur demandant d'abolir les cours de français puisque leur contenu ne sert à rien, sauf dans les cours de français...
jeudi 27 octobre 2005
jeudi 20 octobre 2005
Un partage de souvenirs: une entrevue avec Madame Colette St-Denis
Enseignante à la retraite depuis 2 ans, Mme Colette St-Denis en
profite pour s'adonner à une de ses passions: l'écriture. En 1998,
elle a publié son premier ouvrage, Le plateau de grand-mère.
Puis, en mars 2005, elle nous revient avec Un temps pour se
souvenir, un roman qui raconte
l'histoire de son grand-père et celle de sa mère atteinte
d'Alzheimer. Je l'ai donc rencontrée afin de discuter à propos de
son roman.
Josée Bergeron: Madame St-Denis,
avez-vous toujours eu cette passion pour l'écriture?
Colette St-Denis: (Sourire) Disons que depuis mon adolescence, je rêve d'écrire mais les circonstances ne me l'ont pas permis. Maintenant, comme je suis à la retraite, je suis très contente de pouvoir le réaliser.
J.B.: Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce roman?
C.S.D.: Ça faisait longtemps que j'y pensais. Je voulais raconter les souvenirs. Et puis je trouve que nos ancêtres ont contribué beaucoup à la société et que ces contributions sont en train de sombrer dans l'oubli. Quand ma mère a commencé à vieillir et à être malade, je me suis dit qu'il fallait que je le raconte. C'était comme une obsession pour moi de raconter... J'avais toujours eu ce désir de raconter la contribution de nos ancêtres.
Colette St-Denis: (Sourire) Disons que depuis mon adolescence, je rêve d'écrire mais les circonstances ne me l'ont pas permis. Maintenant, comme je suis à la retraite, je suis très contente de pouvoir le réaliser.
J.B.: Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce roman?
C.S.D.: Ça faisait longtemps que j'y pensais. Je voulais raconter les souvenirs. Et puis je trouve que nos ancêtres ont contribué beaucoup à la société et que ces contributions sont en train de sombrer dans l'oubli. Quand ma mère a commencé à vieillir et à être malade, je me suis dit qu'il fallait que je le raconte. C'était comme une obsession pour moi de raconter... J'avais toujours eu ce désir de raconter la contribution de nos ancêtres.
J.B.: Comme ce roman raconte l'histoire de votre mère et de votre grand-père, quelles ont été les réactions des membres de votre famille face à cette décision?
C.S.D.: Au début, j'hésitais beaucoup à parler de la maladie de ma mère. Si elle avait eu le cancer, il n'y aurait pas eu de problèmes à en parler, mais lorsque tu mentionnes
« Alzheimer », c'est comme s'il y a une certaine honte. Je ne voulais pas en parler à toute la famille puisque comme nous sommes neuf enfants, nous n'aurions pas pu en arriver à un consensus. Donc, j'en ai parlé à deux d'entre eux. Leur réponse a été très favorable donc je me suis dit que j'allais l'écrire tout en étant discrète pour préserver l'intimité de la famille. Une fois le livre publié, la réaction a été excellente. Ils ont trouvé que j'avais fait ça avec beaucoup de respect. Tout au long de l'écriture du roman, c'est ce qui me tracassait le plus, « que sera la réaction de mes frères et soeurs? », parce que c'est un peu comme étaler notre problème devant tout le monde.
J.B.: Pourquoi avez-vous choisi de mêler la fiction et la réalité plutôt que de privilégier un des deux genres?
C.S.D.: Il y a beaucoup de personnes qui se trouvent dans mon roman qui sont encore vivantes. En écrivant l'histoire de mon grand-père, je touchais à toute sa famille et je n'avais pas le droit de briser leur intimité. Pour la maladie de ma mère, j'ai quand même voulu que ce soit « réalité » parce que je voulais sensibiliser les gens au sort des personnes âgées. Parfois, nous sommes injustes envers les personnes âgées. Elles ont tellement contribuées à la société et à un moment, on les abandonnes. Je voulais, par cette partie réalité, sensibiliser les gens face aux souffrances des personnes âgées.
J.B.: Avez-vous eu la liberté de choisir le titre Un temps pour se souvenir ?
C.S.D.: Au début, j'avais proposé comme titre Coquille de mère
parce que ma mère m'apparaissait vraiment comme une coquille. Son
corps était comme une coquille qui enveloppait tout ce qu'elle était
auparavant, et c'était tout ce qu'il restait d'elle. La maison
d'édition, Novalis, n'a pas accepté ce titre alors je leur ai
suggéré deux autres titres et c'est Un temps pour se souvenir
qui a été retenu. Je suis contente de ce titre, j'aime beaucoup ce
titre.
J.B.: Combien de temps a été nécessaire pour réaliser ce roman?
C.S.D.: Je dirais que pour l'écriture, incluant les recherches, ça
m'a pris environ six mois. Ça a été, avec la maison d'édition et
tout ça, un travail d'environ un an. Il paraît tout de même que
j'ai été très chanceuse que mon livre soit accepté et publié si
rapidement parce qu'en moyenne ils disent que ça prend environ deux
ans, surtout lorsqu'on n'est pas un auteur connu. J'ai trouvé que
c'était long mais il paraît que non! (Rires)
J.B.: Qu'est-ce que l'écriture de ce roman vous a apporté?
C.S.D.: Oh ça m'a apporté beaucoup! C'était peut-être un peu une
thérapie, dans le sens que la maladie de ma mère avait été très
difficile alors c'était bon de l'écrire, ça me permettait de m'en
libérer un peu de cette façon là. Ensuite, ça a créé un lien
avec la famille éloignée, qui, surtout du côté de ma mère, ont
été enchantés de mon livre. Ça m'a permis de dire « N'oubliez
pas ce que nos ancêtres ont apportés » et ça, j'étais contente
de le faire. C'était aussi la réalisation d'un rêve.
J.B.: Pourquoi avez-vous décidé d'écrire à ce sujet plutôt qu'un autre?
C.S.D.: Je voulais parler de nos ancêtres, de leurs contributions et
de la maladie de ma mère. Ça, ça a beaucoup influencé mon roman.
Il me semble que ça va peut-être aider quelques personnes. Je
trouve aussi que les souvenirs sont très précieux et qu'ils vont se
perdre s'ils ne sont pas racontés. Je trouve qu'ils sont une
motivation pour nous. Ça représente aussi, pour moi, un hommage à
nos ancêtres. C'est une façon de les remercier, de les féliciter
pour leurs contributions. C'est un cri de reconnaissance, une louange
à leurs contributions.
J.B.: Qu'avez-vous le plus aimé de cette expérience?
C.S.D.: C'est une belle expérience d'écrire un livre. C'est quelque chose qui nous obsède complètement. Ce que j'ai aimé le plus, ça a été le temps de l'écriture, d'offrir mon livre aux gens et de recevoir des commentaires positifs. Lorsque c'est concrétisé, c'est vraiment exaltant. Ce n'est pas pour rien qu'on dit que c'est comme un accouchement. (Rires)
J.B.: Quels sont vos projets pour le futur?
C.S.D.: Mon prochain projet, j'espère m'y mettre après les fêtes.
Ce serait d'écrire un livre du côté de la famille de mon père.
J'attends un peu, je veux voir si mon premier livre va être un
succès. Si c'est le cas, ça va m'encourager énormément et je vais
m'y mettre avec peu plus d'ardeur! (Rires)
J.B.: Merci beaucoup Mme St-Denis et bonne chance avec votre nouveau
projet!
mercredi 19 octobre 2005
Musicienne jusque dans l'âme
Vêtue d'un chandail noir et de pantalons violets qui mettent sa silhouette en valeur, c'est une jeune femme souriante qui a fait son arrivée lors de notre rencontre par un dimanche après-midi d'automne. Cette flûtiste, Mélanie Lauzière, qui est maintenant âgée de 19 ans, poursuit ses études en musique à l'Université d'Ottawa en plus de prendre des cours privés avec Robert Cram.
Âgée d'à peine cinq ans, Mélanie a commencé par apprendre à jouer du piano. Sous prétexte qu'elle voulait jouer de la flûte comme son parrain et sa cousine, elle cesse de pratiquer le piano. Puis, vers l'âge de 11 ans, elle débute ses cours de flûte traversière.
Quelques années plus tard, elle transmet sa passion aux autres. « J'adore enseigner. J'ai commencé à enseigner chez moi, en 2001. La première année, j'enseignais à un enfant et à une femme de 45 ans. Je trouvais ça intimidant. C'était un peu bizarre, parce que je ne savais pas comment lui dire qu'elle devait se pratiquer, mais c'était intéressant. »
En octobre 2003, Mélanie a obtenu le grade 9 avec honneurs de première classe au Royal Conservatory of Music. Elle a fait ses études secondaires à De La Salle, en concentration musique. En 12e année, elle a décidé qu'elle passerait des auditions pour être admise à l'Université Mc Gill dans le programme d'interprétation musicale. Lorsqu'elle a su qu'elle avait été acceptée, Mélanie était sous le choc puisqu'il s'agit d'un des meilleurs programmes. Un an plus tard, suite à des incertitudes, elle est de retour à Ottawa pour poursuivre ses études.
Même si la flûtiste remet souvent son avenir en question, il est clair qu'elle possède une âme de musicienne. Dès qu'elle se met à parler de la musique, ses yeux bruns se mettent à briller et son visage s'illumine. « Je ne suis pas le genre de personne qui va s'asseoir et juste composer de la musique. J'aime ça, mais je dois avoir une raison pour le faire. Ce n'est pas quelque chose qui me vient spontanément. J'aime la théorie et tout ce qui vient avec, mais je ne suis pas un Mozart! » Elle ajoute aussi que la musique lui apporte beaucoup, autant sur le plan social que personnel.
Bien qu'elle ait participé à de nombreuses compétitions, par exemple le festival annuel Kiwanis, et remporté plusieurs prix, elle dit ne pas être une personne compétitive. « Les compétitions, c'est toujours amusant. Ça donne un but. C'est intéressant d'avoir la chance d'entendre d'autres gens jouer, mais surtout d'avoir des commentaires des juges. Ça donne la chance de jouer pour quelqu'un, de montrer le travail que tu as fait. Je suis quand même quelqu'un de vraiment gênée et avant, j'avais de la misère à jouer devant le public. Je me suis améliorée. Ça permet aussi d'établir des contacts. Tu rencontres des gens, ils t'entendent jouer, ils peuvent te conseiller ou bien tu peux prendre des cours avec eux. »
Outre la musique, cette flûtiste adore lire et les langues. Elle prévoit perfectionner son italien et désire apprendre l'allemand et l'espagnol. De plus, elle aime être informée sur ce qui se passe autour d'elle. « J'ai vraiment une soif d'apprendre. Des fois, je me dis que je pourrais être à l'université pour le reste de ma vie. » Dans le futur, elle prévoit voyager, pour découvrir et explorer certains genres de musique. Mélanie aimerait bien se joindre à La Garde de cérémonie, puisqu'elle a déjà remplacé dans les Foot Guards et elle avait bien aimé son expérience.
Bref, étant déterminée et persévérante, il est clair que Mélanie réussira à se rendre loin. Gardez-vos oreilles ouvertes...
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