Dans bien des cas, la monoparentalité n'est pas un choix et frappe parfois lorsqu'on ne s'y attend pas. C'est ce qui est arrivé à Sylvie Cléroux lorsque son mari est décédé le 15 mars 1996 suite à un cancer.
Mère de trois enfants, elle s'est retrouvée seule du jour au lendemain pour élever son fils, alors âgé d'un an et demi, et ses deux filles, âgées de deux ans et demi et de cinq ans. « C'est vraiment difficile. Quelqu'un qui n'a jamais vécu cette situation ne peut pas savoir à quel point ça l'est. On a énormément de pression sur les épaules. » a-t-elle affirmé.
En plus d'être seule avec trois bambins sur les bras, elle devait s'occuper des comptes à payer, du ménage, des emplettes: elle est devenue une femme à tout faire. Pour y arriver, il faut que la personne fasse preuve de débrouillardise, et surtout, qu'elle sache organiser son temps puisque sans ça, le tout ne pourrait pas fonctionner. La majeure partie de son temps est dédiée à ses enfants.
« La période la plus difficile, c'est celle avant qu'ils [les enfants] deviennent autonomes et qu'ils aillent à l'école. », explique-t-elle, « C'était plus demandant physiquement parce que je devais tout faire. Lorsque j'allais à l'épicerie, je devais prendre deux chariots: un que je poussais avec les enfants dedans et l'autre que je tirais, pour mettre la nourriture. » Comme les enfants étaient toujours à la maison, les journées étaient remplies. Le soir, la journée avait été tellement longue et épuisante qu'elle se couchait en même temps que les enfants.
Aujourd'hui, comme ses enfants sont âgés de 11, 12 et 15 ans, elle dispose d'un moment de répit lorsqu'ils sont à l'école. Ses enfants sont maintenant en mesure de fournir une plus grande aide avec les tâches ménagères, ce qui allège un peu les choses.
Or, le tout n'est pas toujours plus rose. Comme ils sont plus âgés, il est facile pour eux de se rallier et de s'opposer à leur mère. « Les trois peuvent se mettre sur mon dos, et je me retrouve sans défense. Il n'y a pas personne pour me supporter », ajoute-t-elle.
L'été, elle le passe au complet avec ses enfants. Ils font de nombreuses activités et sorties. « Je prends des photos partout où je vais avec eux. », précise-t-elle, « À tout les ans, on fait un petit voyage, par exemple, aller à Niagara Falls. »
Cette mère affirme qu'elle a souvent refusé de l'aide qu'elle aurait dû accepter, à la fois pour préserver son indépendance et pour éviter que les gens la prennent en pitié. Mis à part ces refus, sa famille l'a tout de même aidée, tout comme ses amis et ses voisins.
Une de ses soeurs, pour lui permettre de se reposer et d'avoir du temps pour elle-même, venait chercher les enfants pour la fin de semaine. Or, n'étant pas habituée à être seule et ne sachant pas comment occuper son temps, la mère allait les chercher dès le lendemain matin.
Côté financier, ce n'est pas toujours facile non plus puisqu'il n'y a qu'un seul salaire qui entre pour faire vivre ces trois enfants. Certes, le gouvernement fournit une aide mensuelle mais celle-ci est loin d'être suffisante pour subvenir aux besoins de trois enfants. La priorité pour Sylvie, c'est la nourriture, suivie des vêtements et le reste vient par la suite, selon ce qui est nécessaire et ce qui est possible.
Pour qu'il y ait un bon fonctionnement de la maisonnée, des règles ont été mises en place. La discipline est aussi une autre chose bien présente. Elle met beaucoup d'emphase sur le respect, une chose qui est essentielle. « Il est important que mes enfants se respectent entre eux et qu'ils aient du respect pour eux-même. Sans ça [en plus des règles et de la discipline], ça ne pourrait pas fonctionner », confie la mère.
C'est un rôle qui est très difficile à jouer puisqu'il n'y a pas personne avec qui partager la tâche. La prise de décisions s'avère plus complexe. « Je suis seule à prendre les décisions et je me demande tout le temps si c'est une bonne ou une mauvaise [décision]. Lorsque tu as un mari, tu peux en discuter », précise-t-elle. La mère dit faire des compromis avec les enfants et leur donner des choix, « parce qu'eux aussi ont droit à leur opinion! »
Il est clair que cette mère au grand coeur fait tout ce qui est possible pour voir au bien-être de ses enfants. Elle fait preuve d'organisation et de débrouillardise en arrivant à concilier enfants et responsabilités. Ce rôle est sans aucun doute plus demandant qu'un emploi à temps plein.
samedi 17 décembre 2005
vendredi 16 décembre 2005
Des programmes pour venir en aide aux familles monoparentales (article 2 du dossier - Les Superparents)
À Ottawa et ailleurs au Canada, quelques programmes sont offerts pour aider les familles monoparentales. Que ce soit sur le plan financier ou social, ces familles peuvent trouver un programme ou un organisme qui les aidera à améliorer leur situation.
Le gouvernement fédéral offre un programme de subvention pour la garde d'enfants qui permet aux parents ayant un revenu annuel moyen de moins de 25 000$ et qui rencontrent certains critères de faire garder leurs enfants pendant qu'ils sont aux études ou qu'ils travaillent. Le gouvernement paiera alors une partie ou la totalité de la somme à condition que l'enfant se fasse garder dans un établissement admissible au programme. Or, comme l'indique Aishling Parsons, la liste d'attente pour ce programme est longue et il peut facilement prendre jusqu'à cinq ans afin d'obtenir une place en garderie.
Parmi les programmes offerts au niveau fédéral, on retrouve le programme de Prestation nationale pour enfants. Ce programme verse une prestation fiscale mensuelle non-imposable à toutes les familles à revenus faibles et moyens avec enfants, en plus d'offrir un supplément aux familles à faible revenu. Cette prestation doit aider à couvrir une partie des dépenses engendrées lorsqu'on élève des enfants. Selon des données recueillies sur le site de la Prestation nationale pour enfants, pour l'année 2004-2005 (qui est de juin 2004 à juillet 2005), les familles de deux enfants avec un revenu inférieur à 22 615 $ ont reçu la prestation maximale, c'est-à-dire 5222 $.
Le gouvernement de l'Ontario offre un programme, « Ontario au travail », qui procure une aide financière temporaire et qui aide aux gens dans le besoin à se trouver un emploi. Pour les parents âgés entre 16 et 21 ans, il y a la possibilité de participer au programme EXPRESS (Expérience, poursuite et reprise des études pour les parents) qui permet de terminer ses études secondaires tout en travaillant et en apprenant sur le rôle parental. Les participants au programme EXPRESS reçoivent une allocation pour les aider à défrayer les coûts du logement, de services de garde, de transport et du matériel nécessaire pour leurs études.
Pour être admissible à la plupart des programmes gouvernementaux pour les familles (par exemple, ceux liés à la santé ou aux garderies), le critère principal d'admissibilité est le revenu. Celui-ci joue un grand rôle puisqu'il déterminera l'aide à laquelle les familles ont droit.
Même si les programmes sont nombreux, Mme Parsons ajoute qu' « il faudrait plus de support pour les parents seuls âgés de plus de 24 ans. Il serait bien qu'il y ait plus de programmes et qu'il y en ait à travers la ville, comme ça les parents n'auraient pas nécessairement à se déplacer loin pour avoir de l'aide. »
Il y a aussi quelques organismes dans la région, dont le Fonds Habineige, qui s'occupent des familles monoparentales. Lorsqu'on a demandé à Joanne Andrews, l'administratrice du fonds, combien de familles monoparentales se rendaient chaque hiver pour y recueillir des vêtements chauds, celle-ci nous a répondu « qu'ils ne regardaient pas ce genre de détails et que le tout était basé sur le revenu et la grosseur de la famille. »
Beaucoup de programmes destinés aux jeunes sont offerts, par exemple « Grandir ensemble », qui est offert par le Réseau de soutien des jeunes parents célibataires d'Ottawa. Ce dernier est composé de quatre organismes à but non-lucratif de la région. Le programme qui est financé en partie par les gouvernement fédéraux et provinciaux, offre des programmes pour les parents et pour les enfants.
Bien qu'il y ait de nombreux programmes et organismes travaillant à améliorer la qualité de vie et le revenu de ces familles, c'est à se demander pourquoi il existe tout de même de grands écarts entre les familles monoparentales avec une mère en chef et celles avec un père en chef et que plusieurs d'entre elles vivent toujours sous le seuil de la pauvreté.
Le gouvernement fédéral offre un programme de subvention pour la garde d'enfants qui permet aux parents ayant un revenu annuel moyen de moins de 25 000$ et qui rencontrent certains critères de faire garder leurs enfants pendant qu'ils sont aux études ou qu'ils travaillent. Le gouvernement paiera alors une partie ou la totalité de la somme à condition que l'enfant se fasse garder dans un établissement admissible au programme. Or, comme l'indique Aishling Parsons, la liste d'attente pour ce programme est longue et il peut facilement prendre jusqu'à cinq ans afin d'obtenir une place en garderie.
Parmi les programmes offerts au niveau fédéral, on retrouve le programme de Prestation nationale pour enfants. Ce programme verse une prestation fiscale mensuelle non-imposable à toutes les familles à revenus faibles et moyens avec enfants, en plus d'offrir un supplément aux familles à faible revenu. Cette prestation doit aider à couvrir une partie des dépenses engendrées lorsqu'on élève des enfants. Selon des données recueillies sur le site de la Prestation nationale pour enfants, pour l'année 2004-2005 (qui est de juin 2004 à juillet 2005), les familles de deux enfants avec un revenu inférieur à 22 615 $ ont reçu la prestation maximale, c'est-à-dire 5222 $.
Le gouvernement de l'Ontario offre un programme, « Ontario au travail », qui procure une aide financière temporaire et qui aide aux gens dans le besoin à se trouver un emploi. Pour les parents âgés entre 16 et 21 ans, il y a la possibilité de participer au programme EXPRESS (Expérience, poursuite et reprise des études pour les parents) qui permet de terminer ses études secondaires tout en travaillant et en apprenant sur le rôle parental. Les participants au programme EXPRESS reçoivent une allocation pour les aider à défrayer les coûts du logement, de services de garde, de transport et du matériel nécessaire pour leurs études.
Pour être admissible à la plupart des programmes gouvernementaux pour les familles (par exemple, ceux liés à la santé ou aux garderies), le critère principal d'admissibilité est le revenu. Celui-ci joue un grand rôle puisqu'il déterminera l'aide à laquelle les familles ont droit.
Même si les programmes sont nombreux, Mme Parsons ajoute qu' « il faudrait plus de support pour les parents seuls âgés de plus de 24 ans. Il serait bien qu'il y ait plus de programmes et qu'il y en ait à travers la ville, comme ça les parents n'auraient pas nécessairement à se déplacer loin pour avoir de l'aide. »
Il y a aussi quelques organismes dans la région, dont le Fonds Habineige, qui s'occupent des familles monoparentales. Lorsqu'on a demandé à Joanne Andrews, l'administratrice du fonds, combien de familles monoparentales se rendaient chaque hiver pour y recueillir des vêtements chauds, celle-ci nous a répondu « qu'ils ne regardaient pas ce genre de détails et que le tout était basé sur le revenu et la grosseur de la famille. »
Beaucoup de programmes destinés aux jeunes sont offerts, par exemple « Grandir ensemble », qui est offert par le Réseau de soutien des jeunes parents célibataires d'Ottawa. Ce dernier est composé de quatre organismes à but non-lucratif de la région. Le programme qui est financé en partie par les gouvernement fédéraux et provinciaux, offre des programmes pour les parents et pour les enfants.
Bien qu'il y ait de nombreux programmes et organismes travaillant à améliorer la qualité de vie et le revenu de ces familles, c'est à se demander pourquoi il existe tout de même de grands écarts entre les familles monoparentales avec une mère en chef et celles avec un père en chef et que plusieurs d'entre elles vivent toujours sous le seuil de la pauvreté.
lundi 12 décembre 2005
Entretuage humain
Par leur abus et leur inconscience, les êtres humains sont en train de tuer à petit feu ce qui reste de leur côté humain. Ce phénomène est mis en évidence dans Couteau... sept façons originales de tuer quelqu'un avec, un texte d'Isabelle Hubert présenté à la Nouvelle-Scène. Magali Lemèle, qui signe sa première grande mise en scène, a tenté de mettre l'accent sur le côté destructeur des êtres humains.
Couteau... relate l'histoire d'un jeune homme qui, lors de sa jeunesse, a jeté à la mer le précieux couteau d'un pécheur. À l'aide de son psychologue, il tente de découvrir les motifs qui l'ont poussé à commettre ce geste vingt et un ans plus tôt. Au fil des séances, le jeune homme trouve des hypothèses qui deviennent de plus en plus lugubres et farfelues.
Des vignettes présentant les hypothèses du jeune hommes viennent entrecouper les séances chez le psychologue. Celles-ci se déroulent dans un bureau situé sur un quai tandis que les vignettes, où l'on plonge dans le subconscient du jeune homme, se déroulent dans ce qui symbolise la mer sous le quai. Entre les scènes, les éclairages projetaient des vagues sur les poutres du quai, venant ainsi soutenir le thème de la mer et du subconscient.
Tout au long de la pièce, des mots (abus, inconscience, narcissisme, etc...) faisant l'objet de thèmes abordés étaient projetés sur un écran situé sur la partie supérieure du quai. Ces mots aident à faire des liens entre les scènes, bien qu'elles ne se déroulent pas dans le même ordre que les mots sont diffusés.
Plus l'histoire avance, plus elle devient noire et agressive tandis que les costumes sont de plus en plus tâchés par ce qui ressemble à du sang. Ces éléments tentent de symboliser le meurtre, qui s'intensifie de scène en scène, toujours en présence d'un couteau, l'élément central de la pièce.
L'histoire, qui est parfois difficile à comprendre dû à un manque de liens entre les scènes, comporte quelques longueurs, par exemple la scène de l'info-publicité qui aurait été aussi efficace si elle avait été plus courte. Cependant, la projection de mots-clés permet de se retrouver dans l'histoire.
Parmi les cinq comédiens, deux d'entre eux ont su se démarquer des autres. Éloi ArchamBaudoin, qui interprète notamment le « gars » et le politicien, a su jouer ses rôles avec nuance et émotion tout en apportant une certaine crédibilité à ceux-ci. Dans son rôle d'anorexique, Catherine Rousseau joue avec une grande émotivité alors qu'elle réussit à nous « taper sur les nerfs » dans le rôle de l'égocentrique Roxanne.
Pour sa part, la scénographie, qui est constituée d'un grand quai séparant la scène au niveau vertical, est efficace. Celle-ci permet de distinguer les événements se déroulant dans le conscient et dans le subconscient du « gars » en plus de symboliser la mer, qui est aussi représentée avec les éclairages qui ressemblent à des vagues.
L'atmosphère dégagée par la pièce varie de scène en scène. Tantôt calme et légère, elle retrouve rapidement les tensions qu'elle dégageait quelques minutes auparavant. Les effets sonores, qui étaient parfois un peu trop fort, ajoutent à l'atmosphère tout en accentuant l'effet dramatique et meurtrier de la pièce.
Malgré ses quelques faiblesses (comédien qui perd son accent, histoire un peu difficile à comprendre et ainsi de suite...), Couteau... mérite tout de même d'être vue, à la fois pour son côté divertissant et son côté moralisateur. Bref, Couteau... peut en quelque sorte être considérée comme une critique sociale tentant de nous faire prendre conscience que nous sommes en train de tuer le monde qui nous entoure tout en nous tuant nous-mêmes.
Couteau... relate l'histoire d'un jeune homme qui, lors de sa jeunesse, a jeté à la mer le précieux couteau d'un pécheur. À l'aide de son psychologue, il tente de découvrir les motifs qui l'ont poussé à commettre ce geste vingt et un ans plus tôt. Au fil des séances, le jeune homme trouve des hypothèses qui deviennent de plus en plus lugubres et farfelues.
Des vignettes présentant les hypothèses du jeune hommes viennent entrecouper les séances chez le psychologue. Celles-ci se déroulent dans un bureau situé sur un quai tandis que les vignettes, où l'on plonge dans le subconscient du jeune homme, se déroulent dans ce qui symbolise la mer sous le quai. Entre les scènes, les éclairages projetaient des vagues sur les poutres du quai, venant ainsi soutenir le thème de la mer et du subconscient.
Tout au long de la pièce, des mots (abus, inconscience, narcissisme, etc...) faisant l'objet de thèmes abordés étaient projetés sur un écran situé sur la partie supérieure du quai. Ces mots aident à faire des liens entre les scènes, bien qu'elles ne se déroulent pas dans le même ordre que les mots sont diffusés.
Plus l'histoire avance, plus elle devient noire et agressive tandis que les costumes sont de plus en plus tâchés par ce qui ressemble à du sang. Ces éléments tentent de symboliser le meurtre, qui s'intensifie de scène en scène, toujours en présence d'un couteau, l'élément central de la pièce.
L'histoire, qui est parfois difficile à comprendre dû à un manque de liens entre les scènes, comporte quelques longueurs, par exemple la scène de l'info-publicité qui aurait été aussi efficace si elle avait été plus courte. Cependant, la projection de mots-clés permet de se retrouver dans l'histoire.
Parmi les cinq comédiens, deux d'entre eux ont su se démarquer des autres. Éloi ArchamBaudoin, qui interprète notamment le « gars » et le politicien, a su jouer ses rôles avec nuance et émotion tout en apportant une certaine crédibilité à ceux-ci. Dans son rôle d'anorexique, Catherine Rousseau joue avec une grande émotivité alors qu'elle réussit à nous « taper sur les nerfs » dans le rôle de l'égocentrique Roxanne.
Pour sa part, la scénographie, qui est constituée d'un grand quai séparant la scène au niveau vertical, est efficace. Celle-ci permet de distinguer les événements se déroulant dans le conscient et dans le subconscient du « gars » en plus de symboliser la mer, qui est aussi représentée avec les éclairages qui ressemblent à des vagues.
L'atmosphère dégagée par la pièce varie de scène en scène. Tantôt calme et légère, elle retrouve rapidement les tensions qu'elle dégageait quelques minutes auparavant. Les effets sonores, qui étaient parfois un peu trop fort, ajoutent à l'atmosphère tout en accentuant l'effet dramatique et meurtrier de la pièce.
Malgré ses quelques faiblesses (comédien qui perd son accent, histoire un peu difficile à comprendre et ainsi de suite...), Couteau... mérite tout de même d'être vue, à la fois pour son côté divertissant et son côté moralisateur. Bref, Couteau... peut en quelque sorte être considérée comme une critique sociale tentant de nous faire prendre conscience que nous sommes en train de tuer le monde qui nous entoure tout en nous tuant nous-mêmes.
mardi 6 décembre 2005
Voyage dans la réalité
Depuis le 7 novembre dernier, le Musée canadien de la photographie contemporaine présente l'exposition du photographe torontois Michael Semak. Les photos, qui datent des années 1960 et 1970, ont été tirées de sa collection de photos prises lorsqu'il travaillait pour le Service de la photographie de l'Office National du Film.
La plupart des photos de l'exposition ont été réalisées lors des voyages de M. Semak à l'étranger. Ces voyages lui ont permis de capturer des images qui font explorer diverses émotions. À travers ses photos, il incite les gens à regarder le monde sous un angle différent. Les gens présents dans les photos sont dans la plupart des cas photographiés de face et parfois de profil. Les nombreuses photos, qui sont en noir et blanc, ont été réalisées sur des épreuves à la gélatine argentique. Les photos représentent la réalité telle qu'elle est, en mettant l'accent sur certains aspects. Ces photos mettent surtout en vedette des gens qui ont été photographiés sur le vif, ce qui donne une illusion de mouvement. De plus, certaines photos comportent des ombrages qui viennent cacher des éléments-clés tandis que d'autres sont floues.
Par ailleurs, l'enfance, la vieillesse, la maladie et la marginalité, qui sont les thèmes principaux de l'oeuvre de M. Semak, sont présentés sous différents angles, de façon à dégager différentes émotions. Certaines images, telles la série du Ghana, présentent certains aspects de maladie, vieillesse et de marginalité, par exemple dans la photo sans titre où des gens maigres sont appuyés à une barrière. M. Semak, en plus de démontrer un côté plus sombre et plus extrême de la vie, accorde aussi une certaine attention au côté opposé de la vie. « Gitans Italiens », où tous ont le regard tourné vers le ventre d'une femme enceinte, représente bien ce côté « vivant». Cette exposition se poursuit jusqu'au 30 novembre.
La plupart des photos de l'exposition ont été réalisées lors des voyages de M. Semak à l'étranger. Ces voyages lui ont permis de capturer des images qui font explorer diverses émotions. À travers ses photos, il incite les gens à regarder le monde sous un angle différent. Les gens présents dans les photos sont dans la plupart des cas photographiés de face et parfois de profil. Les nombreuses photos, qui sont en noir et blanc, ont été réalisées sur des épreuves à la gélatine argentique. Les photos représentent la réalité telle qu'elle est, en mettant l'accent sur certains aspects. Ces photos mettent surtout en vedette des gens qui ont été photographiés sur le vif, ce qui donne une illusion de mouvement. De plus, certaines photos comportent des ombrages qui viennent cacher des éléments-clés tandis que d'autres sont floues.
Par ailleurs, l'enfance, la vieillesse, la maladie et la marginalité, qui sont les thèmes principaux de l'oeuvre de M. Semak, sont présentés sous différents angles, de façon à dégager différentes émotions. Certaines images, telles la série du Ghana, présentent certains aspects de maladie, vieillesse et de marginalité, par exemple dans la photo sans titre où des gens maigres sont appuyés à une barrière. M. Semak, en plus de démontrer un côté plus sombre et plus extrême de la vie, accorde aussi une certaine attention au côté opposé de la vie. « Gitans Italiens », où tous ont le regard tourné vers le ventre d'une femme enceinte, représente bien ce côté « vivant». Cette exposition se poursuit jusqu'au 30 novembre.
lundi 5 décembre 2005
Père et mère à la fois... (article 1 d'un dossier - Les Superparents)
En ce début de campagne électorale et à l'approche de la période des Fêtes, la famille prend une plus grande importance. Les gens sont appelés à faire des dons à divers organismes qui viennent en aide aux familles dans le besoin, dont les familles monoparentales.
Une famille monoparentale se définit comme étant un adulte qui est soit séparé, divorcé, voeuf ou célibataire, chargé de prendre soin d'un ou de plusieurs enfants (qui sont les siens). Ce parent doit donc assumer à la fois le rôle de père et celui de mère. La plupart du temps, ce sont des femmes qui sont en tête de ces familles.
Beaucoup de pression sur les épaules
Ces parents possèdent toutes les responsabilités qui sont habituellement partagées par deux individus dans les familles biparentales. Ils doivent s'assurer qu'il y a suffisamment de ressources pour répondre aux besoins de la famille. Ils assument seuls les dépenses alors qu'il n'y a qu'une seule source de revenu, mis à part l'aide gouvernementale, qui est très minime.
Plusieurs parents doivent avoir recours à l'aide sociale. Selon Mme Aishling Parsons, conseillère de soutien du Réseau de soutien pour jeunes parents célibataires d'Ottawa, un parent qui a un enfant reçoit environ 527 $ par mois pour payer le loyer. Ils reçoivent aussi 450 $ pour les « autres dépenses » (nourriture, couches, électricité, etc...). Or, le prix moyen pour un logement d'une chambre à coucher est de 650 $ ce qui veut donc dire que le parent doit utiliser une partie de l'argent destinée aux autres dépenses pour payer le loyer. « Le manque d'argent rend ça vraiment stressant pour les parents, ce qui peut entraîner du stress chez leurs enfants. C'est comme un cercle vicieux qui a lieu chaque mois lorsque les parents reçoivent leurs chèques », affirme Mme Parsons.
Trouver un service de garde abordable est un autre des principaux enjeux que rencontrent les parents. Dans bien des cas, un parent peut facilement dépenser la moitié de son salaire en service de garde, ce qui fait en sorte que certains d'entre eux décident qu'il est plus avantageux pour eux de ne pas travailler puisqu'ils ne travailleraient que pour payer la garderie.
En plus d'être demandant financièrement, élever ses enfants seul s'avère être tout aussi demandant sur le plan psychologique que physique. Les parents, seuls, doivent se charger des tâches ménagères, puisque bien souvent, les enfants sont encore trop jeunes pour aider. Ce rôle devient alors très lourd pour de jeunes parents devant concilier travail, études et les enfants.
Hausses et écarts importants
Au fil des années, le nombre de familles monoparentales n'a pas cessé de croître. Selon des statistiques recueillies sur le site de Statistique Canada, entre 1996 et 2001, le nombre de familles monoparentales a connu une hausse de 13,4 % dans la région d'Ottawa tandis qu'il y a eu une hausse de 15,3 % pour l'ensemble du Canada. Cette croissance peut être expliquée par l'augmentation du nombre de séparations, de divorces, de décès et du nombre de jeunes adolescentes donnant naissance.
À Ottawa, comme il y a une pénurie de logements abordables, certains parents éprouvent des difficultés financières (puisqu'ils doivent payer plus cher de loyer) et se voient donc forcés d'avoir recours aux banques alimentaires. Selon un sondage mené par l'Association canadienne des banques alimentaires en 2004, 31 % des récipiendaires d'aide étaient des familles monoparentales contre 23,5 % pour des familles biparentales. Dans un communiqué émis par la Banque d'alimentation d'Ottawa, Peter Tilley, le directeur exécutif, affirme qu'il y a une hausse importante de la demande d'aide dans la région.
En 2001, selon les données sur le site de Statistique Canada, le revenu annuel moyen pour une famille monoparentale était de 31 200 $ tandis qu'il était de 64 704 $ pour une famille biparentale avec enfants. Plusieurs d'entres elles vivent sous le seuil de la pauvreté. Dans l'édition de l'été 2005 du Bulletin du Conseil de la planification sociale d'Ottawa, on indique qu'il aurait fallu 9100 $ de plus aux familles monoparentales à faible revenu ayant une femme en chef pour atteindre le seuil de faible revenu établi par Statistique Canada.
Toujours dans ce même bulletin, on découvre qu'en 2003, 63 % des familles monoparentales comprenant à la fois des enfants âgés en bas de six ans et de plus de six ans vivaient dans la pauvreté, comparativement à 16 % des familles biparentales avec des enfants du même âge.
En plus de l'écart financier qui les sépare des familles biparentales, les revenus des familles monoparentales avec une femme en tête sont plus faibles que ceux des familles monoparentales avec un homme en chef. Statistique Canada rapporte qu'en 2001, les femmes monoparentales n'ont reçu que 62 % du revenu des pères chefs de familles monoparentales.
Heureusement, plusieurs programmes ont été mis en place dans le but d'aider à améliorer la situation des familles monoparentales.
Une famille monoparentale se définit comme étant un adulte qui est soit séparé, divorcé, voeuf ou célibataire, chargé de prendre soin d'un ou de plusieurs enfants (qui sont les siens). Ce parent doit donc assumer à la fois le rôle de père et celui de mère. La plupart du temps, ce sont des femmes qui sont en tête de ces familles.
Beaucoup de pression sur les épaules
Ces parents possèdent toutes les responsabilités qui sont habituellement partagées par deux individus dans les familles biparentales. Ils doivent s'assurer qu'il y a suffisamment de ressources pour répondre aux besoins de la famille. Ils assument seuls les dépenses alors qu'il n'y a qu'une seule source de revenu, mis à part l'aide gouvernementale, qui est très minime.
Plusieurs parents doivent avoir recours à l'aide sociale. Selon Mme Aishling Parsons, conseillère de soutien du Réseau de soutien pour jeunes parents célibataires d'Ottawa, un parent qui a un enfant reçoit environ 527 $ par mois pour payer le loyer. Ils reçoivent aussi 450 $ pour les « autres dépenses » (nourriture, couches, électricité, etc...). Or, le prix moyen pour un logement d'une chambre à coucher est de 650 $ ce qui veut donc dire que le parent doit utiliser une partie de l'argent destinée aux autres dépenses pour payer le loyer. « Le manque d'argent rend ça vraiment stressant pour les parents, ce qui peut entraîner du stress chez leurs enfants. C'est comme un cercle vicieux qui a lieu chaque mois lorsque les parents reçoivent leurs chèques », affirme Mme Parsons.
Trouver un service de garde abordable est un autre des principaux enjeux que rencontrent les parents. Dans bien des cas, un parent peut facilement dépenser la moitié de son salaire en service de garde, ce qui fait en sorte que certains d'entre eux décident qu'il est plus avantageux pour eux de ne pas travailler puisqu'ils ne travailleraient que pour payer la garderie.
En plus d'être demandant financièrement, élever ses enfants seul s'avère être tout aussi demandant sur le plan psychologique que physique. Les parents, seuls, doivent se charger des tâches ménagères, puisque bien souvent, les enfants sont encore trop jeunes pour aider. Ce rôle devient alors très lourd pour de jeunes parents devant concilier travail, études et les enfants.
Hausses et écarts importants
Au fil des années, le nombre de familles monoparentales n'a pas cessé de croître. Selon des statistiques recueillies sur le site de Statistique Canada, entre 1996 et 2001, le nombre de familles monoparentales a connu une hausse de 13,4 % dans la région d'Ottawa tandis qu'il y a eu une hausse de 15,3 % pour l'ensemble du Canada. Cette croissance peut être expliquée par l'augmentation du nombre de séparations, de divorces, de décès et du nombre de jeunes adolescentes donnant naissance.
À Ottawa, comme il y a une pénurie de logements abordables, certains parents éprouvent des difficultés financières (puisqu'ils doivent payer plus cher de loyer) et se voient donc forcés d'avoir recours aux banques alimentaires. Selon un sondage mené par l'Association canadienne des banques alimentaires en 2004, 31 % des récipiendaires d'aide étaient des familles monoparentales contre 23,5 % pour des familles biparentales. Dans un communiqué émis par la Banque d'alimentation d'Ottawa, Peter Tilley, le directeur exécutif, affirme qu'il y a une hausse importante de la demande d'aide dans la région.
En 2001, selon les données sur le site de Statistique Canada, le revenu annuel moyen pour une famille monoparentale était de 31 200 $ tandis qu'il était de 64 704 $ pour une famille biparentale avec enfants. Plusieurs d'entres elles vivent sous le seuil de la pauvreté. Dans l'édition de l'été 2005 du Bulletin du Conseil de la planification sociale d'Ottawa, on indique qu'il aurait fallu 9100 $ de plus aux familles monoparentales à faible revenu ayant une femme en chef pour atteindre le seuil de faible revenu établi par Statistique Canada.
Toujours dans ce même bulletin, on découvre qu'en 2003, 63 % des familles monoparentales comprenant à la fois des enfants âgés en bas de six ans et de plus de six ans vivaient dans la pauvreté, comparativement à 16 % des familles biparentales avec des enfants du même âge.
En plus de l'écart financier qui les sépare des familles biparentales, les revenus des familles monoparentales avec une femme en tête sont plus faibles que ceux des familles monoparentales avec un homme en chef. Statistique Canada rapporte qu'en 2001, les femmes monoparentales n'ont reçu que 62 % du revenu des pères chefs de familles monoparentales.
Heureusement, plusieurs programmes ont été mis en place dans le but d'aider à améliorer la situation des familles monoparentales.
jeudi 17 novembre 2005
« Ottawa joue à Sim City: “ Installons ce système de transport là et voyons ce que ça va donner ” », a affirmé Bob Hillier, un résident de Kanata, hier soir lors de la séance portes ouvertes sur le projet de corridor est-ouest du train léger sur rail (TLR).
Un projet de corridor est-ouest pour le TLR a été élaboré suite à l'Étude sur l'expansion du transport en commun rapide (ÉETCR) de 2003. Ce corridor, d'une distance de 47 km, reliera Kanata à Orléans et permettra d'améliorer les services de transport en commun offerts entre ces régions.
Cette deuxième séance portes ouvertes (la première ayant eu lieu à l'automne 2004) portait sur les solutions de rechange pour l'expansion du transport en commun rapide. Les citoyens étaient invités à venir partager leurs commentaires et à prendre connaissance des solutions de rechange pour le projet. On propose quatre solutions: ne rien faire, ajouter ou élargir certaines artères principales, élargir les services de transport en commun rapide ou bien faire un mélange des deux. Ces solutions ont été étudiées en se basant sur huit critères et c'est l'implantation d'un nouveau corridor est-ouest dans le système de train léger sur rail qui est demeurée la solution privilégiée.
Le projet, même s'il semble favoriser la croissance de certains quartiers et des services de transport, est loin de faire l'unanimité auprès des citoyens. Selon M. Hillier, l'emplacement choisi pour l'expansion du système de train léger sur rail ne répond pas aux besoins des travailleurs puisqu'il est situé dans un secteur plutôt résidentiel. « Je me demande vers quelles communautés de travail les gens pourront se rendre. Qui s'en servira? Quelle est l'utilité [d'implanter ce réseau de TLR loin des milieux de travail] ?», a-t-il ajouté, « Il n'y aura pas assez de trajets d'autobus pour accommoder tout ces gens et le réseau ne pourra pas être élargi puisqu'il n'y a pas assez d'espace. »
D'autres résidents, tels Lyn H. Winters, sont d'avis contraire, affirmant qu'il s'agit « d'un bon projet, que ça doit se passer, que ça réduira la circulation en améliorant les capacités du transport en commun. » M. Winters ajoute qu'il trouve ça « regrettable qu'ils aient débuté par un projet nord-sud [le O-Train qui est en place depuis 2001] au lieu d'un projet est-ouest étant donné que cette région est la plus occupée. »
Bien que les citoyens aient pu prendre position face au projet, l'information présentée était difficile à comprendre. Il n'y avait pas d'explications visuelles pour les nombreux tableaux qui étaient incompréhensibles pour les gens n'ayant aucune connaissance liées à ce genre d'étude. « Je regarde ces tableaux et ça ne me dit absolument rien », commente M. Hillier. De plus, les versions francophones des dépliants et tableaux étaient truffés de fautes et le sens du texte était différent de la version anglophone, ce qui portait à confusion.
Afin de s'assurer que le public soit informé sur le projet et qu'il ait la chance de transmettre ses commentaires, deux autres séances portes ouvertes sont prévues en 2006: une au printemps et l'autre à l'automne. On y présentera les concepts possibles ainsi que l'évaluation des incidences.
Les études se poursuivront au cours de la prochaine année et l'on se penchera surtout sur l'évaluation de divers trajets dans le corridor du TLR et des technologies de transport en commun possibles. Le rapport de l'Évaluation Environnementale sera soumis au Ministère de l'Environnement de l'Ontario à l'hiver 2006 et sera suivi d'une période d'examen et d'approbation d'une durée d'environ 30 semaines. Si le tout se déroule tel que prévu, l'approbation du Ministère devrait se faire en juillet 2007. Le projet d'expansion du transport en commun rapide, qui reliera tout les coins de la ville, devrait être terminé en 2021.
Un projet de corridor est-ouest pour le TLR a été élaboré suite à l'Étude sur l'expansion du transport en commun rapide (ÉETCR) de 2003. Ce corridor, d'une distance de 47 km, reliera Kanata à Orléans et permettra d'améliorer les services de transport en commun offerts entre ces régions.
Cette deuxième séance portes ouvertes (la première ayant eu lieu à l'automne 2004) portait sur les solutions de rechange pour l'expansion du transport en commun rapide. Les citoyens étaient invités à venir partager leurs commentaires et à prendre connaissance des solutions de rechange pour le projet. On propose quatre solutions: ne rien faire, ajouter ou élargir certaines artères principales, élargir les services de transport en commun rapide ou bien faire un mélange des deux. Ces solutions ont été étudiées en se basant sur huit critères et c'est l'implantation d'un nouveau corridor est-ouest dans le système de train léger sur rail qui est demeurée la solution privilégiée.
Le projet, même s'il semble favoriser la croissance de certains quartiers et des services de transport, est loin de faire l'unanimité auprès des citoyens. Selon M. Hillier, l'emplacement choisi pour l'expansion du système de train léger sur rail ne répond pas aux besoins des travailleurs puisqu'il est situé dans un secteur plutôt résidentiel. « Je me demande vers quelles communautés de travail les gens pourront se rendre. Qui s'en servira? Quelle est l'utilité [d'implanter ce réseau de TLR loin des milieux de travail] ?», a-t-il ajouté, « Il n'y aura pas assez de trajets d'autobus pour accommoder tout ces gens et le réseau ne pourra pas être élargi puisqu'il n'y a pas assez d'espace. »
D'autres résidents, tels Lyn H. Winters, sont d'avis contraire, affirmant qu'il s'agit « d'un bon projet, que ça doit se passer, que ça réduira la circulation en améliorant les capacités du transport en commun. » M. Winters ajoute qu'il trouve ça « regrettable qu'ils aient débuté par un projet nord-sud [le O-Train qui est en place depuis 2001] au lieu d'un projet est-ouest étant donné que cette région est la plus occupée. »
Bien que les citoyens aient pu prendre position face au projet, l'information présentée était difficile à comprendre. Il n'y avait pas d'explications visuelles pour les nombreux tableaux qui étaient incompréhensibles pour les gens n'ayant aucune connaissance liées à ce genre d'étude. « Je regarde ces tableaux et ça ne me dit absolument rien », commente M. Hillier. De plus, les versions francophones des dépliants et tableaux étaient truffés de fautes et le sens du texte était différent de la version anglophone, ce qui portait à confusion.
Afin de s'assurer que le public soit informé sur le projet et qu'il ait la chance de transmettre ses commentaires, deux autres séances portes ouvertes sont prévues en 2006: une au printemps et l'autre à l'automne. On y présentera les concepts possibles ainsi que l'évaluation des incidences.
Les études se poursuivront au cours de la prochaine année et l'on se penchera surtout sur l'évaluation de divers trajets dans le corridor du TLR et des technologies de transport en commun possibles. Le rapport de l'Évaluation Environnementale sera soumis au Ministère de l'Environnement de l'Ontario à l'hiver 2006 et sera suivi d'une période d'examen et d'approbation d'une durée d'environ 30 semaines. Si le tout se déroule tel que prévu, l'approbation du Ministère devrait se faire en juillet 2007. Le projet d'expansion du transport en commun rapide, qui reliera tout les coins de la ville, devrait être terminé en 2021.
mercredi 2 novembre 2005
Entre le drame et la comédie, il y a l'amour
Après Anything Else, le réalisateur et scénariste Woody Allen est de retour avec Melinda & Melinda. Ce film qui présente l'histoire d'une jeune femme, Melinda (Radha Mitchell), de deux points de vue différents, est à la fois comique, dramatique et romantique.
Lors d'un souper entre amis, deux auteurs, Sy et Max, (Wallace Shawn et Larry Pine) se donnent le défi de raconter une même histoire, mais chacun à sa façon, soit une version comique et une version dramatique. Dans la première version, un jeune couple reçoit des amis pour souper afin d'impressionner un producteur de film en espérant qu'il embauche Lee (Jonny Lee Miller), l'époux de Laurel (Chloë Sevigny). Le repas est interrompu par l'arrivée de Melinda, une amie de longue date du couple. Celle-ci est dans un piètre état; elle s'est lassée de son mari chirurgien, l'a laissé pour un photographe qui l'a laissé à son tour. Son mari a pris la garde de ses deux enfants. Suite à ces événements, elle est sombrée dans une dépression.
La version comique de l'histoire est sensiblement la même; lors d'un souper entre amis et connaissances, Susan (Amanda Peet), une productrice de films, tente d'impressionner un invité dans le but d'obtenir une subvention de 2 millions de dollars pour son film alors que son mari Hobie (Will Ferrell), un acteur, se charge de la cuisine. Soudainement, Melinda, qui, cette fois, est la voisine, se pointe pour venir chercher de l'aide puisqu'elle a consommé une grande quantité de somnifères.
Tout au long du film, les scènes dramatiques et comiques s'entrecoupent, en reprenant les mêmes éléments, créant ainsi un contraste entre les histoires de Melinda. Même si ce procédé est fort intéressant puisqu'il permet d'avoir deux visions d'un même scénario en quasi simultané, il est facile pour le spectateur de se tromper entre les deux récits. Heureusement, certains détails, comme la coiffure de Melinda, permettent de se situer.
Le scénario est tout de même assez prévisible; plus le temps passe, plus on a l'impression de savoir ce qui va arriver, même ce qui devait être un « punch » finit par ne pas l'être. Certaines parties de l'histoire s'avèrent un peu nébuleuses puisqu'il y a un certain manque d'explications. Par exemple, le passé de Melinda n'est pas entièrement expliqué et au fur et à mesure que le temps passe, on découvre certains éléments sans trop comprendre le pourquoi.
Il faut tout de même souligner la performance de Radha Mitchell (Finding Neverland) qui doit interpréter le même personnage dans deux contextes différents. Elle a su relever le défi avec succès. Son interprétation réussit à convaincre le spectateur qu'il s'agit bel et bien de deux femmes distinctes. Dans le côté plus dramatique, avec sa grande émotivité, elle permet de dépeindre le portrait d'une femme blessée par la vie tandis qu'elle semble beaucoup plus joyeuse lors des scènes comiques. Et Will Ferrell (Anchorman: The Legend of Ron Burgundy, Old School), comme à l'habitude, a su provoquer des rires chez les spectateurs.
Les émotions dégagées par les personnages sont accentuées par les décors, l'ambiance des pièces dans lesquelles ils se trouvent et par le biais de la caméra, qui concentre souvent l'attention sur le visage des acteurs concernés. Cet aspect émotionnel ajoute à la fois au côté dramatique et au côté comique, mais c'est surtout sur le plan dramatique que l'effet a un plus grand impact puisqu'il vient renforcer l'atmosphère.
Bref, malgré les quelques failles du scénario, le film est tout de même intéressant, surtout qu'il offre deux histoires à la fois, sous forme de comédie romantique et de ce que l'on pourrait qualifier de drame romantique. Cette dualité permet d'ailleurs de prendre conscience qu'il y a deux façons de regarder la vie: de façon plus légère ou de façon plus sérieuse et que cette vision peut avoir un impact sur les événements qui suivront.
jeudi 27 octobre 2005
« C vrmt + rapid pis anywé, on est po ds un cour de français »
Depuis l'arrivée d'Internet on entend souvent dire qu'il s'agit d'un bon endroit pour enrichir ses connaissances et découvrir de nouvelles choses. Pour les jeunes il s'agit là d'une très belle possibilité de s'éduquer, d'y avoir recours pour compléter des travaux scolaires. Or, lorsqu'on rend visite à un forum de discussion, c'est là qu'on se demande si Internet contribue vraiment à l'éducation ou bien s'il ne s'agirait pas plutôt d'un endroit de « déséducation », un endroit où l'on oublie ce qui est enseigné à l'école.
Par un samedi matin de pluie, je naviguais sur un forum de discussion destiné aux jeunes francophones, qui est peuplé majoritairement de jeunes québécois. Je clique sur un sujet, je commence à lire, mais je ne comprends pas. Je fronce les sourcils, je me rapproche de l'écran et je recommence ma lecture.
« jai 13 ans en sec. 2 pi je passe encore lhallowen pi en plus après jvo a des partys ec mes amies pi on se fait ben du fun c ben hot demême pi ya po dage pour passer lHallowen ya le père a mon amie qui passe lhallowen pi yé full vieu pi en plus c lfun a des partys pcq tu rencontre plein de monde pi tu peut faire plein de choses ec plein de gars pi c ben lfin pi en plus lo ben t po oubligé de fumé du pot pi te souler pour avoir du fun juste ben des gars!! »
Peut-être que je me suis trompée en tapant l'adresse du site donc je vérifie. Non, il n'y a pas d'erreur. Est-ce qu'il s'agit d'un message posté dans une langue étrangère? Non plus... Je réussis à déchiffrer quelques mots. Ah! En lisant les commentaires qui suivent, je finis par comprendre qu'il s'agit d'un message rédigé par un individu qui voulait rédiger son message le plus rapidement possible en ne s'efforçant pas de le rendre lisible.
En poursuivant ma visite sur ce forum et sur deux autres forums, j'ai pu constater que plusieurs messages contiennent le moins de ponctuation possible (souvent, il n'y a qu'une lettre majuscule au début), le plus d'abréviations possible, le plus d'erreurs grammaticales et orthographiques possible, des mots employés dans la langue parlée et qui ne se trouvent pas dans le dictionnaire, bref, tout ce qui rend pénible la lecture de ces messages. Il y a même certains messages rédigés en entier avec une alternance de lettres majuscules et minuscules (ex: CoMmE cEcI). Ces messages sont aussi truffés d'expressions anglicisées, telles « c'est chill » et
« full hot », pour ne nommer que celles-là. C'est tout simplement la langue qui évolue, qui s'enrichit.
Certains utilisateurs se plaignent, demandent poliment et gentiment à leurs camarades d'écrire de façon plus lisible, mais finissent par se faire répondre « qu'ils ne sont pas dans un cours de français, qu'ils ne veulent pas devenir prof de français, et que d'écrire de cette manière est plus rapide. » Comment ai-je pu oublier qu'écrire « po » ou « lo » était plus rapide qu'écrire « pas » ou « là », que de prendre le temps d'appuyer sur la touche « majuscule » entre chaque lettre prenait moins de temps que d'écrire mes phrases en lettres minuscules? Peut-être puisque lorsque j'ai tenté l'expérience, ça m'a pris le double du temps pour rédiger un message. Et c'est vrai aussi qu'il n'est pas pratique d'écrire de façon lisible hors des cours de français, ça ne sert à rien. Il est complètement inutile de savoir qu'on doit accorder certains mots ou bien que chaque mot possède une orthographe spécifique qui facilite la lecture. On nous apprend toutes ces règles pour le simple plaisir et strictement pour qu'elles soient utilisées dans les travaux du cours de français. Le reste du temps, on s'en fout. Il est bien plus agréable de lire un texte bourré d'erreurs!
Et j'ai trouvé mieux! En consultant les archives d'une section destinée à la publication de textes rédigés (poèmes, histoires, etc...) par les jeunes, je croyais que la situation s'améliorerait. J'espérais tomber sur des perles rares. Erreur. J'ai plutôt trouvé des perles « d'erreurs », comme celle-ci:
« [...] T'sé J'fais Rien Qu'y Penser
Que Toi Pis Moi Sa Pourrais Marcher
J'espère Ne Pas M'tromper
Paske U Know J'veux Pas M'blesser
So J'sé Que J'pas Une Déesse
Mais Tu Sais Qu'L'amour Ça Blesse
J'peux Pas T'artenir En Laisse
J'veux Juste Savoir Pour Pas Que J'stress [...] »
En lisant ce genre de chose, il faut que je « m'artienne » pour ne pas me frapper la tête contre l'écran de mon ordinateur...
Ces jeunes sont ceux qui seront « chargés » de continuer à transmettre notre langue à la prochaine génération. Comme les jeunes passent quelques heures par jour sur Internet, ceux-ci risquent d'appliquer ces « transformations » de la langue à leurs travaux scolaires. Elle risque alors d'être complètement transformée. Les adolescents d'aujourd'hui sont nos futurs écrivains, journalistes et enseignants. À quoi ressembleront nos romans? À quoi ressembleront nos journaux? À quoi ressembleront les enseignants des matières autres que le français? Qu'adviendra-t-il des dictionnaires? Seront-ils adaptés à cette nouvelle « langue » ? Les rayons de bibliothèque risquent de se retrouver avec des «BoNeUr D'oKaZiOn » ou des « cmt fer l'amour aik un neg' sans'fatiker » tandis qu'on verra dans les journaux des grands titres tels « atak teroris aux É-U» ou encore « LeS PrOvInZ VeUl + dE cAsH ». À quand le nouveau traducteur « la langue des jeunes sur Internet – français » pour les incultes comme moi?
Il faut agir avant qu'il ne soit trop tard. Si on ne passe pas à l'action, peut-être que cette situation entraînera des conséquences irréparables. Suite à cela, j'ai décidé d'entreprendre des démarches pour venir en aide à ces jeunes. Je m'empresse d'aller rédiger des lettres pour envoyer aux ministères de l'éducation des différentes provinces en leur demandant d'abolir les cours de français puisque leur contenu ne sert à rien, sauf dans les cours de français...
Par un samedi matin de pluie, je naviguais sur un forum de discussion destiné aux jeunes francophones, qui est peuplé majoritairement de jeunes québécois. Je clique sur un sujet, je commence à lire, mais je ne comprends pas. Je fronce les sourcils, je me rapproche de l'écran et je recommence ma lecture.
« jai 13 ans en sec. 2 pi je passe encore lhallowen pi en plus après jvo a des partys ec mes amies pi on se fait ben du fun c ben hot demême pi ya po dage pour passer lHallowen ya le père a mon amie qui passe lhallowen pi yé full vieu pi en plus c lfun a des partys pcq tu rencontre plein de monde pi tu peut faire plein de choses ec plein de gars pi c ben lfin pi en plus lo ben t po oubligé de fumé du pot pi te souler pour avoir du fun juste ben des gars!! »
Peut-être que je me suis trompée en tapant l'adresse du site donc je vérifie. Non, il n'y a pas d'erreur. Est-ce qu'il s'agit d'un message posté dans une langue étrangère? Non plus... Je réussis à déchiffrer quelques mots. Ah! En lisant les commentaires qui suivent, je finis par comprendre qu'il s'agit d'un message rédigé par un individu qui voulait rédiger son message le plus rapidement possible en ne s'efforçant pas de le rendre lisible.
En poursuivant ma visite sur ce forum et sur deux autres forums, j'ai pu constater que plusieurs messages contiennent le moins de ponctuation possible (souvent, il n'y a qu'une lettre majuscule au début), le plus d'abréviations possible, le plus d'erreurs grammaticales et orthographiques possible, des mots employés dans la langue parlée et qui ne se trouvent pas dans le dictionnaire, bref, tout ce qui rend pénible la lecture de ces messages. Il y a même certains messages rédigés en entier avec une alternance de lettres majuscules et minuscules (ex: CoMmE cEcI). Ces messages sont aussi truffés d'expressions anglicisées, telles « c'est chill » et
« full hot », pour ne nommer que celles-là. C'est tout simplement la langue qui évolue, qui s'enrichit.
Certains utilisateurs se plaignent, demandent poliment et gentiment à leurs camarades d'écrire de façon plus lisible, mais finissent par se faire répondre « qu'ils ne sont pas dans un cours de français, qu'ils ne veulent pas devenir prof de français, et que d'écrire de cette manière est plus rapide. » Comment ai-je pu oublier qu'écrire « po » ou « lo » était plus rapide qu'écrire « pas » ou « là », que de prendre le temps d'appuyer sur la touche « majuscule » entre chaque lettre prenait moins de temps que d'écrire mes phrases en lettres minuscules? Peut-être puisque lorsque j'ai tenté l'expérience, ça m'a pris le double du temps pour rédiger un message. Et c'est vrai aussi qu'il n'est pas pratique d'écrire de façon lisible hors des cours de français, ça ne sert à rien. Il est complètement inutile de savoir qu'on doit accorder certains mots ou bien que chaque mot possède une orthographe spécifique qui facilite la lecture. On nous apprend toutes ces règles pour le simple plaisir et strictement pour qu'elles soient utilisées dans les travaux du cours de français. Le reste du temps, on s'en fout. Il est bien plus agréable de lire un texte bourré d'erreurs!
Et j'ai trouvé mieux! En consultant les archives d'une section destinée à la publication de textes rédigés (poèmes, histoires, etc...) par les jeunes, je croyais que la situation s'améliorerait. J'espérais tomber sur des perles rares. Erreur. J'ai plutôt trouvé des perles « d'erreurs », comme celle-ci:
« [...] T'sé J'fais Rien Qu'y Penser
Que Toi Pis Moi Sa Pourrais Marcher
J'espère Ne Pas M'tromper
Paske U Know J'veux Pas M'blesser
So J'sé Que J'pas Une Déesse
Mais Tu Sais Qu'L'amour Ça Blesse
J'peux Pas T'artenir En Laisse
J'veux Juste Savoir Pour Pas Que J'stress [...] »
En lisant ce genre de chose, il faut que je « m'artienne » pour ne pas me frapper la tête contre l'écran de mon ordinateur...
Ces jeunes sont ceux qui seront « chargés » de continuer à transmettre notre langue à la prochaine génération. Comme les jeunes passent quelques heures par jour sur Internet, ceux-ci risquent d'appliquer ces « transformations » de la langue à leurs travaux scolaires. Elle risque alors d'être complètement transformée. Les adolescents d'aujourd'hui sont nos futurs écrivains, journalistes et enseignants. À quoi ressembleront nos romans? À quoi ressembleront nos journaux? À quoi ressembleront les enseignants des matières autres que le français? Qu'adviendra-t-il des dictionnaires? Seront-ils adaptés à cette nouvelle « langue » ? Les rayons de bibliothèque risquent de se retrouver avec des «BoNeUr D'oKaZiOn » ou des « cmt fer l'amour aik un neg' sans'fatiker » tandis qu'on verra dans les journaux des grands titres tels « atak teroris aux É-U» ou encore « LeS PrOvInZ VeUl + dE cAsH ». À quand le nouveau traducteur « la langue des jeunes sur Internet – français » pour les incultes comme moi?
Il faut agir avant qu'il ne soit trop tard. Si on ne passe pas à l'action, peut-être que cette situation entraînera des conséquences irréparables. Suite à cela, j'ai décidé d'entreprendre des démarches pour venir en aide à ces jeunes. Je m'empresse d'aller rédiger des lettres pour envoyer aux ministères de l'éducation des différentes provinces en leur demandant d'abolir les cours de français puisque leur contenu ne sert à rien, sauf dans les cours de français...
jeudi 20 octobre 2005
Un partage de souvenirs: une entrevue avec Madame Colette St-Denis
Enseignante à la retraite depuis 2 ans, Mme Colette St-Denis en
profite pour s'adonner à une de ses passions: l'écriture. En 1998,
elle a publié son premier ouvrage, Le plateau de grand-mère.
Puis, en mars 2005, elle nous revient avec Un temps pour se
souvenir, un roman qui raconte
l'histoire de son grand-père et celle de sa mère atteinte
d'Alzheimer. Je l'ai donc rencontrée afin de discuter à propos de
son roman.
Josée Bergeron: Madame St-Denis,
avez-vous toujours eu cette passion pour l'écriture?
Colette St-Denis: (Sourire) Disons que depuis mon adolescence, je rêve d'écrire mais les circonstances ne me l'ont pas permis. Maintenant, comme je suis à la retraite, je suis très contente de pouvoir le réaliser.
J.B.: Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce roman?
C.S.D.: Ça faisait longtemps que j'y pensais. Je voulais raconter les souvenirs. Et puis je trouve que nos ancêtres ont contribué beaucoup à la société et que ces contributions sont en train de sombrer dans l'oubli. Quand ma mère a commencé à vieillir et à être malade, je me suis dit qu'il fallait que je le raconte. C'était comme une obsession pour moi de raconter... J'avais toujours eu ce désir de raconter la contribution de nos ancêtres.
Colette St-Denis: (Sourire) Disons que depuis mon adolescence, je rêve d'écrire mais les circonstances ne me l'ont pas permis. Maintenant, comme je suis à la retraite, je suis très contente de pouvoir le réaliser.
J.B.: Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce roman?
C.S.D.: Ça faisait longtemps que j'y pensais. Je voulais raconter les souvenirs. Et puis je trouve que nos ancêtres ont contribué beaucoup à la société et que ces contributions sont en train de sombrer dans l'oubli. Quand ma mère a commencé à vieillir et à être malade, je me suis dit qu'il fallait que je le raconte. C'était comme une obsession pour moi de raconter... J'avais toujours eu ce désir de raconter la contribution de nos ancêtres.
J.B.: Comme ce roman raconte l'histoire de votre mère et de votre grand-père, quelles ont été les réactions des membres de votre famille face à cette décision?
C.S.D.: Au début, j'hésitais beaucoup à parler de la maladie de ma mère. Si elle avait eu le cancer, il n'y aurait pas eu de problèmes à en parler, mais lorsque tu mentionnes
« Alzheimer », c'est comme s'il y a une certaine honte. Je ne voulais pas en parler à toute la famille puisque comme nous sommes neuf enfants, nous n'aurions pas pu en arriver à un consensus. Donc, j'en ai parlé à deux d'entre eux. Leur réponse a été très favorable donc je me suis dit que j'allais l'écrire tout en étant discrète pour préserver l'intimité de la famille. Une fois le livre publié, la réaction a été excellente. Ils ont trouvé que j'avais fait ça avec beaucoup de respect. Tout au long de l'écriture du roman, c'est ce qui me tracassait le plus, « que sera la réaction de mes frères et soeurs? », parce que c'est un peu comme étaler notre problème devant tout le monde.
J.B.: Pourquoi avez-vous choisi de mêler la fiction et la réalité plutôt que de privilégier un des deux genres?
C.S.D.: Il y a beaucoup de personnes qui se trouvent dans mon roman qui sont encore vivantes. En écrivant l'histoire de mon grand-père, je touchais à toute sa famille et je n'avais pas le droit de briser leur intimité. Pour la maladie de ma mère, j'ai quand même voulu que ce soit « réalité » parce que je voulais sensibiliser les gens au sort des personnes âgées. Parfois, nous sommes injustes envers les personnes âgées. Elles ont tellement contribuées à la société et à un moment, on les abandonnes. Je voulais, par cette partie réalité, sensibiliser les gens face aux souffrances des personnes âgées.
J.B.: Avez-vous eu la liberté de choisir le titre Un temps pour se souvenir ?
C.S.D.: Au début, j'avais proposé comme titre Coquille de mère
parce que ma mère m'apparaissait vraiment comme une coquille. Son
corps était comme une coquille qui enveloppait tout ce qu'elle était
auparavant, et c'était tout ce qu'il restait d'elle. La maison
d'édition, Novalis, n'a pas accepté ce titre alors je leur ai
suggéré deux autres titres et c'est Un temps pour se souvenir
qui a été retenu. Je suis contente de ce titre, j'aime beaucoup ce
titre.
J.B.: Combien de temps a été nécessaire pour réaliser ce roman?
C.S.D.: Je dirais que pour l'écriture, incluant les recherches, ça
m'a pris environ six mois. Ça a été, avec la maison d'édition et
tout ça, un travail d'environ un an. Il paraît tout de même que
j'ai été très chanceuse que mon livre soit accepté et publié si
rapidement parce qu'en moyenne ils disent que ça prend environ deux
ans, surtout lorsqu'on n'est pas un auteur connu. J'ai trouvé que
c'était long mais il paraît que non! (Rires)
J.B.: Qu'est-ce que l'écriture de ce roman vous a apporté?
C.S.D.: Oh ça m'a apporté beaucoup! C'était peut-être un peu une
thérapie, dans le sens que la maladie de ma mère avait été très
difficile alors c'était bon de l'écrire, ça me permettait de m'en
libérer un peu de cette façon là. Ensuite, ça a créé un lien
avec la famille éloignée, qui, surtout du côté de ma mère, ont
été enchantés de mon livre. Ça m'a permis de dire « N'oubliez
pas ce que nos ancêtres ont apportés » et ça, j'étais contente
de le faire. C'était aussi la réalisation d'un rêve.
J.B.: Pourquoi avez-vous décidé d'écrire à ce sujet plutôt qu'un autre?
C.S.D.: Je voulais parler de nos ancêtres, de leurs contributions et
de la maladie de ma mère. Ça, ça a beaucoup influencé mon roman.
Il me semble que ça va peut-être aider quelques personnes. Je
trouve aussi que les souvenirs sont très précieux et qu'ils vont se
perdre s'ils ne sont pas racontés. Je trouve qu'ils sont une
motivation pour nous. Ça représente aussi, pour moi, un hommage à
nos ancêtres. C'est une façon de les remercier, de les féliciter
pour leurs contributions. C'est un cri de reconnaissance, une louange
à leurs contributions.
J.B.: Qu'avez-vous le plus aimé de cette expérience?
C.S.D.: C'est une belle expérience d'écrire un livre. C'est quelque chose qui nous obsède complètement. Ce que j'ai aimé le plus, ça a été le temps de l'écriture, d'offrir mon livre aux gens et de recevoir des commentaires positifs. Lorsque c'est concrétisé, c'est vraiment exaltant. Ce n'est pas pour rien qu'on dit que c'est comme un accouchement. (Rires)
J.B.: Quels sont vos projets pour le futur?
C.S.D.: Mon prochain projet, j'espère m'y mettre après les fêtes.
Ce serait d'écrire un livre du côté de la famille de mon père.
J'attends un peu, je veux voir si mon premier livre va être un
succès. Si c'est le cas, ça va m'encourager énormément et je vais
m'y mettre avec peu plus d'ardeur! (Rires)
J.B.: Merci beaucoup Mme St-Denis et bonne chance avec votre nouveau
projet!
mercredi 19 octobre 2005
Musicienne jusque dans l'âme
Vêtue d'un chandail noir et de pantalons violets qui mettent sa silhouette en valeur, c'est une jeune femme souriante qui a fait son arrivée lors de notre rencontre par un dimanche après-midi d'automne. Cette flûtiste, Mélanie Lauzière, qui est maintenant âgée de 19 ans, poursuit ses études en musique à l'Université d'Ottawa en plus de prendre des cours privés avec Robert Cram.
Âgée d'à peine cinq ans, Mélanie a commencé par apprendre à jouer du piano. Sous prétexte qu'elle voulait jouer de la flûte comme son parrain et sa cousine, elle cesse de pratiquer le piano. Puis, vers l'âge de 11 ans, elle débute ses cours de flûte traversière.
Quelques années plus tard, elle transmet sa passion aux autres. « J'adore enseigner. J'ai commencé à enseigner chez moi, en 2001. La première année, j'enseignais à un enfant et à une femme de 45 ans. Je trouvais ça intimidant. C'était un peu bizarre, parce que je ne savais pas comment lui dire qu'elle devait se pratiquer, mais c'était intéressant. »
En octobre 2003, Mélanie a obtenu le grade 9 avec honneurs de première classe au Royal Conservatory of Music. Elle a fait ses études secondaires à De La Salle, en concentration musique. En 12e année, elle a décidé qu'elle passerait des auditions pour être admise à l'Université Mc Gill dans le programme d'interprétation musicale. Lorsqu'elle a su qu'elle avait été acceptée, Mélanie était sous le choc puisqu'il s'agit d'un des meilleurs programmes. Un an plus tard, suite à des incertitudes, elle est de retour à Ottawa pour poursuivre ses études.
Même si la flûtiste remet souvent son avenir en question, il est clair qu'elle possède une âme de musicienne. Dès qu'elle se met à parler de la musique, ses yeux bruns se mettent à briller et son visage s'illumine. « Je ne suis pas le genre de personne qui va s'asseoir et juste composer de la musique. J'aime ça, mais je dois avoir une raison pour le faire. Ce n'est pas quelque chose qui me vient spontanément. J'aime la théorie et tout ce qui vient avec, mais je ne suis pas un Mozart! » Elle ajoute aussi que la musique lui apporte beaucoup, autant sur le plan social que personnel.
Bien qu'elle ait participé à de nombreuses compétitions, par exemple le festival annuel Kiwanis, et remporté plusieurs prix, elle dit ne pas être une personne compétitive. « Les compétitions, c'est toujours amusant. Ça donne un but. C'est intéressant d'avoir la chance d'entendre d'autres gens jouer, mais surtout d'avoir des commentaires des juges. Ça donne la chance de jouer pour quelqu'un, de montrer le travail que tu as fait. Je suis quand même quelqu'un de vraiment gênée et avant, j'avais de la misère à jouer devant le public. Je me suis améliorée. Ça permet aussi d'établir des contacts. Tu rencontres des gens, ils t'entendent jouer, ils peuvent te conseiller ou bien tu peux prendre des cours avec eux. »
Outre la musique, cette flûtiste adore lire et les langues. Elle prévoit perfectionner son italien et désire apprendre l'allemand et l'espagnol. De plus, elle aime être informée sur ce qui se passe autour d'elle. « J'ai vraiment une soif d'apprendre. Des fois, je me dis que je pourrais être à l'université pour le reste de ma vie. » Dans le futur, elle prévoit voyager, pour découvrir et explorer certains genres de musique. Mélanie aimerait bien se joindre à La Garde de cérémonie, puisqu'elle a déjà remplacé dans les Foot Guards et elle avait bien aimé son expérience.
Bref, étant déterminée et persévérante, il est clair que Mélanie réussira à se rendre loin. Gardez-vos oreilles ouvertes...
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