mercredi 2 novembre 2005
Entre le drame et la comédie, il y a l'amour
Après Anything Else, le réalisateur et scénariste Woody Allen est de retour avec Melinda & Melinda. Ce film qui présente l'histoire d'une jeune femme, Melinda (Radha Mitchell), de deux points de vue différents, est à la fois comique, dramatique et romantique.
Lors d'un souper entre amis, deux auteurs, Sy et Max, (Wallace Shawn et Larry Pine) se donnent le défi de raconter une même histoire, mais chacun à sa façon, soit une version comique et une version dramatique. Dans la première version, un jeune couple reçoit des amis pour souper afin d'impressionner un producteur de film en espérant qu'il embauche Lee (Jonny Lee Miller), l'époux de Laurel (Chloë Sevigny). Le repas est interrompu par l'arrivée de Melinda, une amie de longue date du couple. Celle-ci est dans un piètre état; elle s'est lassée de son mari chirurgien, l'a laissé pour un photographe qui l'a laissé à son tour. Son mari a pris la garde de ses deux enfants. Suite à ces événements, elle est sombrée dans une dépression.
La version comique de l'histoire est sensiblement la même; lors d'un souper entre amis et connaissances, Susan (Amanda Peet), une productrice de films, tente d'impressionner un invité dans le but d'obtenir une subvention de 2 millions de dollars pour son film alors que son mari Hobie (Will Ferrell), un acteur, se charge de la cuisine. Soudainement, Melinda, qui, cette fois, est la voisine, se pointe pour venir chercher de l'aide puisqu'elle a consommé une grande quantité de somnifères.
Tout au long du film, les scènes dramatiques et comiques s'entrecoupent, en reprenant les mêmes éléments, créant ainsi un contraste entre les histoires de Melinda. Même si ce procédé est fort intéressant puisqu'il permet d'avoir deux visions d'un même scénario en quasi simultané, il est facile pour le spectateur de se tromper entre les deux récits. Heureusement, certains détails, comme la coiffure de Melinda, permettent de se situer.
Le scénario est tout de même assez prévisible; plus le temps passe, plus on a l'impression de savoir ce qui va arriver, même ce qui devait être un « punch » finit par ne pas l'être. Certaines parties de l'histoire s'avèrent un peu nébuleuses puisqu'il y a un certain manque d'explications. Par exemple, le passé de Melinda n'est pas entièrement expliqué et au fur et à mesure que le temps passe, on découvre certains éléments sans trop comprendre le pourquoi.
Il faut tout de même souligner la performance de Radha Mitchell (Finding Neverland) qui doit interpréter le même personnage dans deux contextes différents. Elle a su relever le défi avec succès. Son interprétation réussit à convaincre le spectateur qu'il s'agit bel et bien de deux femmes distinctes. Dans le côté plus dramatique, avec sa grande émotivité, elle permet de dépeindre le portrait d'une femme blessée par la vie tandis qu'elle semble beaucoup plus joyeuse lors des scènes comiques. Et Will Ferrell (Anchorman: The Legend of Ron Burgundy, Old School), comme à l'habitude, a su provoquer des rires chez les spectateurs.
Les émotions dégagées par les personnages sont accentuées par les décors, l'ambiance des pièces dans lesquelles ils se trouvent et par le biais de la caméra, qui concentre souvent l'attention sur le visage des acteurs concernés. Cet aspect émotionnel ajoute à la fois au côté dramatique et au côté comique, mais c'est surtout sur le plan dramatique que l'effet a un plus grand impact puisqu'il vient renforcer l'atmosphère.
Bref, malgré les quelques failles du scénario, le film est tout de même intéressant, surtout qu'il offre deux histoires à la fois, sous forme de comédie romantique et de ce que l'on pourrait qualifier de drame romantique. Cette dualité permet d'ailleurs de prendre conscience qu'il y a deux façons de regarder la vie: de façon plus légère ou de façon plus sérieuse et que cette vision peut avoir un impact sur les événements qui suivront.
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