Enseignante à la retraite depuis 2 ans, Mme Colette St-Denis en
profite pour s'adonner à une de ses passions: l'écriture. En 1998,
elle a publié son premier ouvrage, Le plateau de grand-mère.
Puis, en mars 2005, elle nous revient avec Un temps pour se
souvenir, un roman qui raconte
l'histoire de son grand-père et celle de sa mère atteinte
d'Alzheimer. Je l'ai donc rencontrée afin de discuter à propos de
son roman.
Josée Bergeron: Madame St-Denis,
avez-vous toujours eu cette passion pour l'écriture?
Colette St-Denis: (Sourire) Disons que depuis mon adolescence, je rêve d'écrire mais les circonstances ne me l'ont pas permis. Maintenant, comme je suis à la retraite, je suis très contente de pouvoir le réaliser.
J.B.: Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce roman?
C.S.D.: Ça faisait longtemps que j'y pensais. Je voulais raconter les souvenirs. Et puis je trouve que nos ancêtres ont contribué beaucoup à la société et que ces contributions sont en train de sombrer dans l'oubli. Quand ma mère a commencé à vieillir et à être malade, je me suis dit qu'il fallait que je le raconte. C'était comme une obsession pour moi de raconter... J'avais toujours eu ce désir de raconter la contribution de nos ancêtres.
Colette St-Denis: (Sourire) Disons que depuis mon adolescence, je rêve d'écrire mais les circonstances ne me l'ont pas permis. Maintenant, comme je suis à la retraite, je suis très contente de pouvoir le réaliser.
J.B.: Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce roman?
C.S.D.: Ça faisait longtemps que j'y pensais. Je voulais raconter les souvenirs. Et puis je trouve que nos ancêtres ont contribué beaucoup à la société et que ces contributions sont en train de sombrer dans l'oubli. Quand ma mère a commencé à vieillir et à être malade, je me suis dit qu'il fallait que je le raconte. C'était comme une obsession pour moi de raconter... J'avais toujours eu ce désir de raconter la contribution de nos ancêtres.
J.B.: Comme ce roman raconte l'histoire de votre mère et de votre grand-père, quelles ont été les réactions des membres de votre famille face à cette décision?
C.S.D.: Au début, j'hésitais beaucoup à parler de la maladie de ma mère. Si elle avait eu le cancer, il n'y aurait pas eu de problèmes à en parler, mais lorsque tu mentionnes
« Alzheimer », c'est comme s'il y a une certaine honte. Je ne voulais pas en parler à toute la famille puisque comme nous sommes neuf enfants, nous n'aurions pas pu en arriver à un consensus. Donc, j'en ai parlé à deux d'entre eux. Leur réponse a été très favorable donc je me suis dit que j'allais l'écrire tout en étant discrète pour préserver l'intimité de la famille. Une fois le livre publié, la réaction a été excellente. Ils ont trouvé que j'avais fait ça avec beaucoup de respect. Tout au long de l'écriture du roman, c'est ce qui me tracassait le plus, « que sera la réaction de mes frères et soeurs? », parce que c'est un peu comme étaler notre problème devant tout le monde.
J.B.: Pourquoi avez-vous choisi de mêler la fiction et la réalité plutôt que de privilégier un des deux genres?
C.S.D.: Il y a beaucoup de personnes qui se trouvent dans mon roman qui sont encore vivantes. En écrivant l'histoire de mon grand-père, je touchais à toute sa famille et je n'avais pas le droit de briser leur intimité. Pour la maladie de ma mère, j'ai quand même voulu que ce soit « réalité » parce que je voulais sensibiliser les gens au sort des personnes âgées. Parfois, nous sommes injustes envers les personnes âgées. Elles ont tellement contribuées à la société et à un moment, on les abandonnes. Je voulais, par cette partie réalité, sensibiliser les gens face aux souffrances des personnes âgées.
J.B.: Avez-vous eu la liberté de choisir le titre Un temps pour se souvenir ?
C.S.D.: Au début, j'avais proposé comme titre Coquille de mère
parce que ma mère m'apparaissait vraiment comme une coquille. Son
corps était comme une coquille qui enveloppait tout ce qu'elle était
auparavant, et c'était tout ce qu'il restait d'elle. La maison
d'édition, Novalis, n'a pas accepté ce titre alors je leur ai
suggéré deux autres titres et c'est Un temps pour se souvenir
qui a été retenu. Je suis contente de ce titre, j'aime beaucoup ce
titre.
J.B.: Combien de temps a été nécessaire pour réaliser ce roman?
C.S.D.: Je dirais que pour l'écriture, incluant les recherches, ça
m'a pris environ six mois. Ça a été, avec la maison d'édition et
tout ça, un travail d'environ un an. Il paraît tout de même que
j'ai été très chanceuse que mon livre soit accepté et publié si
rapidement parce qu'en moyenne ils disent que ça prend environ deux
ans, surtout lorsqu'on n'est pas un auteur connu. J'ai trouvé que
c'était long mais il paraît que non! (Rires)
J.B.: Qu'est-ce que l'écriture de ce roman vous a apporté?
C.S.D.: Oh ça m'a apporté beaucoup! C'était peut-être un peu une
thérapie, dans le sens que la maladie de ma mère avait été très
difficile alors c'était bon de l'écrire, ça me permettait de m'en
libérer un peu de cette façon là. Ensuite, ça a créé un lien
avec la famille éloignée, qui, surtout du côté de ma mère, ont
été enchantés de mon livre. Ça m'a permis de dire « N'oubliez
pas ce que nos ancêtres ont apportés » et ça, j'étais contente
de le faire. C'était aussi la réalisation d'un rêve.
J.B.: Pourquoi avez-vous décidé d'écrire à ce sujet plutôt qu'un autre?
C.S.D.: Je voulais parler de nos ancêtres, de leurs contributions et
de la maladie de ma mère. Ça, ça a beaucoup influencé mon roman.
Il me semble que ça va peut-être aider quelques personnes. Je
trouve aussi que les souvenirs sont très précieux et qu'ils vont se
perdre s'ils ne sont pas racontés. Je trouve qu'ils sont une
motivation pour nous. Ça représente aussi, pour moi, un hommage à
nos ancêtres. C'est une façon de les remercier, de les féliciter
pour leurs contributions. C'est un cri de reconnaissance, une louange
à leurs contributions.
J.B.: Qu'avez-vous le plus aimé de cette expérience?
C.S.D.: C'est une belle expérience d'écrire un livre. C'est quelque chose qui nous obsède complètement. Ce que j'ai aimé le plus, ça a été le temps de l'écriture, d'offrir mon livre aux gens et de recevoir des commentaires positifs. Lorsque c'est concrétisé, c'est vraiment exaltant. Ce n'est pas pour rien qu'on dit que c'est comme un accouchement. (Rires)
J.B.: Quels sont vos projets pour le futur?
C.S.D.: Mon prochain projet, j'espère m'y mettre après les fêtes.
Ce serait d'écrire un livre du côté de la famille de mon père.
J'attends un peu, je veux voir si mon premier livre va être un
succès. Si c'est le cas, ça va m'encourager énormément et je vais
m'y mettre avec peu plus d'ardeur! (Rires)
J.B.: Merci beaucoup Mme St-Denis et bonne chance avec votre nouveau
projet!
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